footer

Du mercredi 25 au jeudi 26 janvier 2023
BRUZ, France
Carrefour des Gestions Locales de l'Eau 2023 LE RENDEZ-VOUS ANNUEL INCONTOURNABLE DES ACTEURS DE L'EAU, AU PARC DES EXPOSITIONS DE RENNES

Interview de Martin GUTTON

2022 n’était sans doute que la préfiguration d’une situation climatique qui va se répéter

Martin GUTTON, directeur général de l’agence de Loire-Bretagne (©Romuald Goudeau)

 

1/ Le bassin Loire-Bretagne couvre 36 départements qui ont été confrontés à une sécheresse d’envergure en 2022. Comment avez-vous appréhendé cette crise ? Et craignez-vous une situation similaire en 2023 ?

Le bassin Loire-Bretagne a connu en 2022 une période de sécheresse exceptionnelle. Face à cette situation, les instances de bassin se sont rapidement mobilisées pour faire voter un ajustement du programme d’intervention de l’agence de l’eau. Un plan d’action a été conçu pour accélérer des projets favorables à la résilience des territoires autour de :

·         l’accélération des stratégies d’adaptation au changement climatique et de gestion équilibrée de la ressource en eau pour mettre en place des projets de territoire pour la gestion de l’eau (PTGE) et favoriser la sobriété des usages de l’eau ;

·         la sécurisation de l’alimentation en eau potable, dans les territoires les plus défavorisés, en soutenant les collectivités territoriales dans leurs travaux visant à éviter toute pénurie d’eau potable notamment au travers des interconnexions ;

·         la réalisation d’économies d’eau en eau potable, en industrie et agriculture, ainsi que la promotion des solutions de réutilisation des eaux usées traitées.

En 2022, 43 projets ont été accompagnés pour un montant d’aide de près de 10 M€ permettant de financer 22 M€ de travaux.

2022 n’était sans doute que la préfiguration d’une situation climatique qui va se répéter ; aussi, en 2023, un plan de résilience de plus grande ampleur sera mis en place pour les prochaines années.

 

2/ Lors de la plénière, vous interviendrez sur la résilience territoriale face au réchauffement climatique aux côtés de la Région Bretagne et du Ministère de la Transition écologique. Les infrastructures du petit cycle de l’eau sont-elles suffisamment adaptées à l’urgence climatique selon vous ? Où faut-il accentuer les efforts le cas échéant ?

Face au changement climatique, certains territoires ne disposent plus d’une alimentation en eau potable sécurisée. Les actions principales consistent à mettre en place l’interconnexion entre plusieurs ressources ou des réservoirs visant à sécuriser la distribution de l’eau potable en période où l’eau manque. Les schémas directeurs départementaux d’alimentation en eau potable constituent le socle stratégique sur lequel repose la sécurisation.

La résilience des territoires passe par un panel de solutions, dont :

·         les solutions fondées sur la nature visant à protéger, gérer de manière durable et restaurer des écosystèmes à déployer en tant qu’actions « sans regrets » ;

·         l’amélioration de la connaissance des réseaux pour optimiser les programmes d’action et réduire les fuites par exemple ;

·         ou encore, l’amélioration de la performance de leur système d’assainissement et plus particulièrement la réduction des déversements des eaux usées par temps de pluie en privilégiant la gestion intégrée des eaux pluviales pour favoriser l’infiltration à la parcelle.

 

3/ L’agence a récemment déclaré avoir financé en 2022 plus de 4 000 projets. Quels sont les plus représentatifs pour les petit et grand cycles de l’eau ?

L’agence finance en 2022 près de 4 100 projets pour un montant de 270,5 millions d’euros. Des projets portés par les collectivités, les acteurs économiques et les associations pour protéger l’eau, lutter contre les pollutions, restaurer les milieux naturels, améliorer la surveillance, sensibiliser sur les enjeux ou encore assurer la solidarité internationale. L’agence finance par exemple :

·         l’amélioration des performances des systèmes d’assainissement prioritaires pour reconquérir la qualité des eaux ;

·         des aménagements ponctuels permettant aux eaux pluviales de s’infiltrer là où elles tombent (cours d’école, des parkings…) ;

·         des études et travaux de renaturation et d’aménagement des milieux aquatiques ;

·         des actions de communication et sensibilisation sur les enjeux de l’eau portés par les associations de l’environnement ;

·         des travaux d’économies d’eau pour les industriels ;

·         de la concertation entre acteurs pour le partage de la ressource ;

·         du changement de pratiques et de systèmes en agriculture ;

·         des travaux de sécurisation de l’approvisionnement en eau potable.

 

F.A.Q